Intelligence Artificielle

Repérer les éléments identifiants dans un brouillon commercial : l'exercice à mener sur un corpus fictif

Relances, comptes rendus et notes de prospection contiennent souvent plus d'éléments identifiants qu'on ne le croit. Voici un exercice de relecture à mener sur un corpus entièrement inventé, avant d'aborder la pratique en formation.

JMG CONSULTING (J.M.G.C)6 min de lecture

La réponse en bref

Construisez un petit corpus fictif — une entreprise inventée, trois brouillons commerciaux écrits par vous — puis repérez dans ces textes tout ce qui désignerait une personne, un montant ou une clause, et remplacez-le par un emplacement nommé. L'exercice se fait sans aucun document client réel : vous arrivez en formation avec une méthode de relecture déjà rodée.

Dans cet article
  1. Pourquoi s'entraîner sur un corpus inventé
  2. Fabriquer le corpus, puis faire l'inventaire
  3. Arbitrages types sur les éléments repérés
  4. Mise en situation fictive : Verdelis, trois textes, une page
  5. Les erreurs fréquentes dans cet exercice

Pourquoi s'entraîner sur un corpus inventé

Une entreprise qui inscrit plusieurs collaborateurs à une formation sur l'IA conversationnelle prépare ses objectifs : relances, comptes rendus, qualification. Elle prépare plus rarement la manière dont ses textes de travail seront relus avant d'être recopiés dans un outil. Un brouillon commercial n'est pourtant jamais neutre : nom d'un interlocuteur, montant d'un devis, échéance, appréciation écrite à chaud. Ces éléments s'accumulent parce qu'ils étaient pratiques sur le moment, pas parce qu'ils ont été choisis.

Deux repères documentés encadrent l'exercice. L'ANSSI, dans ses Recommandations de sécurité pour un système d'IA générative publiées le 29 avril 2024, proscrit l'usage d'outils d'IA générative accessibles sur Internet pour un usage professionnel impliquant des données sensibles : c'est la raison pratique de s'entraîner sur un corpus inventé. La documentation de prompt engineering d'Anthropic, de son côté, présente des gabarits où les contenus variables figurent dans des emplacements nommés entre doubles accolades, à l'intérieur de balises qui séparent instructions, contexte et documents. Substituer un contenu n'abîme donc pas la structure de la demande.

Fabriquer le corpus, puis faire l'inventaire

La consigne tient en une phrase : ne saisissez aucune information confidentielle ni donnée personnelle dans l'exercice. Les textes sont écrits pour l'occasion, avec une entreprise, des interlocuteurs et des montants inventés. L'objectif n'est pas de produire un document exhaustif mais une page lisible, construite en quatre passes.

Chaque passe se fait rapidement. Si l'une d'elles s'étire, c'est généralement que le corpus est trop volumineux : réduisez-le à un seul type de texte et recommencez.

  • Fabriquez le corpus. Inventez une entreprise, deux ou trois interlocuteurs, puis écrivez trois textes courts : une relance de devis, un compte rendu de rendez-vous, une note de prospection.
  • Repérez. Surlignez dans ces textes fictifs tout ce qui désigne une personne, une société identifiable, un montant, une échéance, une clause ou une appréciation subjective.
  • Classez. Affectez à chaque élément une des trois mentions : utile au contexte, remplaçable par un emplacement nommé, à ne pas recopier du tout.
  • Rejouez. Réécrivez la demande avec les substitutions, puis comparez les deux versions côte à côte pour voir ce que la structure doit vraiment au contenu retiré.

Arbitrages types sur les éléments repérés

Le classement est le cœur de l'exercice, et il n'appelle pas de décision définitive : une décision écrite, provisoire, suffit. Le tableau ci-dessous reprend les cas qui reviennent le plus souvent dans un corpus fictif de brouillons commerciaux.

Élément repéré dans le texte fictifPourquoi il mérite un arbitrageSubstitution proposée
Nom et fonction d'un interlocuteurDésigne une personne précise alors que la demande fonctionne sans cette identitéUn rôle générique : CONTACT_ACHATS
Montant et remise d'un devisInformation commerciale qui n'améliore pas la formulation attendueUn ordre de grandeur ou MONTANT
Appréciation portée après un rendez-vousJugement difficile à assumer s'il ressort tel quel dans un texte généréUn fait observable, ou suppression
Extrait de clause contractuelleTexte long et engageant, alors que seule la question posée compteCLAUSE_TYPE et la question isolée
Fil de messagerie recopié en entierVolume non trié qui noie le contexte réellement utileLes trois phrases nécessaires

Mise en situation fictive : Verdelis, trois textes, une page

L'exemple suivant est entièrement fictif et sert de modèle de déroulé. Verdelis, entreprise imaginaire de maintenance d'équipements, est inventée pour l'occasion : deux interlocuteurs fictifs, un devis fictif, aucun lien avec un dossier existant. Trois textes sont écrits pour l'exercice, une quinzaine de lignes chacun — une relance de devis, un compte rendu de rendez-vous, une note de prospection.

La relecture fait ressortir une douzaine d'éléments : le nom du signataire et sa fonction, un montant restant à engager, la mention « avait évoqué un arbitrage budgétaire en interne », une appréciation sur l'humeur d'un interlocuteur, un fil de messagerie recopié intégralement. Chacun reçoit sa mention, puis la demande est réécrite avec CONTACT_ACHATS, MONTANT et trois phrases de contexte au lieu du fil complet. La page obtenue tient en trois colonnes : texte, élément repéré, décision.

Les erreurs fréquentes dans cet exercice

L'exercice échoue presque toujours pour les mêmes raisons, et aucune ne tient à une difficulté technique.

  • Partir d'un vrai dossier « pour aller plus vite ». Le contenu réel n'apporte rien ici, et un corpus inventé s'écrit en quelques minutes.
  • Écrire un corpus trop propre. Si les brouillons fictifs ne contiennent ni nom, ni montant, ni jugement, la relecture n'a rien à repérer.
  • Confondre substitution et anonymisation. Une étiquette limite ce que vous recopiez ; elle ne dit rien du statut des informations d'origine.
  • Chercher l'exhaustivité. Une page se relit à plusieurs ; un tableau de deux cents lignes ne sera lu par personne.

Questions fréquentes

Pourquoi travailler sur un jeu fictif plutôt que sur mes vrais brouillons ?

Parce que l'exercice porte sur la méthode de relecture, pas sur le contenu des textes. Un corpus inventé permet de s'entraîner sans saisir aucune information confidentielle ni donnée personnelle.

Comment fabriquer ce corpus fictif rapidement ?

Inventez une entreprise, deux ou trois interlocuteurs, puis écrivez trois textes courts : une relance, un compte rendu, une note de prospection. Une quinzaine de lignes par texte donnent déjà de la matière à repérer.

Remplacer les noms par des étiquettes rend-il le texte anonyme ?

Non, et l'exercice ne le prétend pas. La substitution réduit ce que vous recopiez dans un outil, sans rien établir sur le statut des informations d'origine.

Que faire de cet inventaire au moment de la formation ?

Apportez la page d'inventaire et les textes fictifs qui l'accompagnent. Vous disposez ainsi d'un support de travail prêt à l'emploi pour les mises en pratique.

Repères et limites

Cet article décrit un exercice de préparation mené sur un jeu de données fictif. Il ne traite pas du cadre juridique applicable, ne dit pas quelles informations votre entreprise peut ou non transmettre à un outil d'IA, et ne remplace pas les règles internes déjà en vigueur chez vous. Ces questions relèvent d'un avis spécialisé.

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